Aller au contenu
Technologie

Comment une alerte quitte une zone sans réseau

Cette page décrit le fonctionnement réel du système, sans raccourci commercial. Elle indique aussi, à chaque étape, ce qui a été éprouvé et ce qui ne l'est pas encore.

La chaîne complète

Cinq étapes séparent l'appui sur le bouton de la réception du SMS. Les trois premières se passent dans la balise, les deux dernières sur nos serveurs.

Schéma vertical de la chaîne d'alerte : bouton SOS maintenu deux secondes, acquisition GNSS et batterie, émission d'une trame de neuf octets, liaison satellite Iridium, décodage et création de l'alerte sur le serveur, puis SMS aux contacts d'urgence.

Étape par étape

1. L'appui doit être maintenu deux secondes

La balise dort en permanence pour économiser sa batterie. L'appui la réveille, mais elle ne fait rien tant qu'il n'a pas duré deux secondes. Un frottement dans un sac ne déclenche donc pas d'alerte. Un retour vibrant confirme la prise en compte.

2. La position est écrite avant d'être envoyée

Le récepteur satellite de navigation cherche la position, et le niveau de batterie est mesuré. L'ensemble est enregistré dans la mémoire de la balise avant toute tentative d'envoi : si l'appareil s'éteint en cours de route, l'alerte n'est pas perdue et repart au rallumage.

3. Neuf octets partent vers le satellite

Le message est volontairement minuscule. Chaque octet transmis a un coût réel sur un abonnement satellite, et plus le message est court, plus il a de chances de passer avec un signal faible. Si l'envoi échoue, la balise se rendort et réessaie automatiquement cinq minutes plus tard, sans intervention.

4. Le serveur reconnaît la balise par son modem

L'opérateur satellite transmet la trame à notre serveur. Celui-ci la décode et retrouve le propriétaire à partir du seul identifiant que la balise connaisse : le numéro de série de son modem. Aucune donnée personnelle ne circule dans le message.

5. Le SMS part vers les contacts d'urgence

Chaque contact enregistré reçoit un SMS contenant les coordonnées et un lien de carte, lisible sur n'importe quel téléphone, même sans application installée. Un échec d'envoi vers un contact n'empêche jamais les autres d'être prévenus.


Ce que contient exactement le message

Neuf octets, pas un de plus. Ce format est le contrat entre le programme de la balise et le serveur : les deux le définissent à l'identique.

Position Contenu Codage
0 – 3 Latitude Entier signé, degrés × 1 000 000
4 – 7 Longitude Entier signé, degrés × 1 000 000
8 Batterie Entier de 0 à 100

Ce codage conserve la position à environ onze centimètres près, très en deçà de ce que le récepteur lui-même peut atteindre. La précision perdue vient donc du capteur, jamais du format.


Ce qui est éprouvé, et ce qui ne l'est pas

La distinction est faite ici parce qu'elle est la seule chose qui compte pour juger un projet à ce stade.

Testé de bout en bout

  • La réception d'une trame, son décodage et la création de l'alerte
  • L'envoi du SMS géolocalisé aux contacts d'urgence, réellement reçu
  • L'application mobile, les comptes et l'historique des alertes

Conçu, jamais éprouvé

  • Le programme embarqué : il se compile, il n'a jamais tourné sur un circuit
  • La transmission satellite elle-même : le modem n'a pas encore été acquis
  • Le boîtier, sa résistance et son autonomie réelle

Les valeurs annoncées ailleurs sur ce site sont des objectifs de conception. Aucune n'a été mesurée sur un prototype, pour la simple raison qu'il n'en existe pas encore.


Ce que coûte réellement une liaison satellite

Un service de données par paquets courts se paie de deux façons : un abonnement mensuel par appareil, et chaque message envoyé. L'ignorer serait passer à côté de la contrainte principale du projet.

Poste Ordre de grandeur Nature
Module Iridium 9603, à l'unité 220 € Prix relevé, achat unitaire
Ligne satellite, par mois activé 15 € Estimation, contrat non signé
Un message d'alerte 0,09 à 0,37 € Estimation, selon le forfait
Tous composants, par balise 315 € Somme des prix unitaires

Le module satellite représente à lui seul plus des deux tiers du coût matériel. C'est ce qui fixe le prix plancher de la balise, et c'est aussi pourquoi le premier exemplaire n'a pas encore été assemblé.


Ce que la batterie devra encaisser

La capacité de la batterie n'est pas encore arrêtée. Plutôt que d'annoncer une autonomie, voici le calcul qui permettra de la choisir.

Poste Hypothèse Coût énergétique
Veille profonde, deux semaines 10 µA × 336 h ≈ 3,4 mAh
Une acquisition de position ≈ 30 mA × 30 s ≈ 0,25 mAh
Une transmission satellite ≈ 190 mA × 30 s ≈ 1,6 mAh
Une alerte complète acquisition puis transmission ≈ 1,9 mAh

Ce que ce calcul montre, et ce qu'il ne montre pas. Deux semaines de veille suivies de dix alertes coûtent environ 22 mAh ; cinquante alertes en coûtent 98. Une batterie de quelques centaines de milliampères-heures suffirait donc largement. Autrement dit, ce n'est pas l'usage qui limitera l'autonomie, mais l'autodécharge de la batterie et la consommation résiduelle des circuits, que seule une mesure sur prototype révélera. Les consommations utilisées ici viennent des fiches techniques des composants retenus ; aucune n'a été relevée sur du matériel Teskideh.


À quoi la balise devrait ressembler

Ce dessin est un rendu de conception. Aucun exemplaire n'a été fabriqué : ni les dimensions, ni la résistance, ni l'autonomie n'ont été mesurées sur du matériel.

Rendu de conception de la balise en trois vues : de face avec le bouton SOS et deux témoins lumineux, de profil avec l'interrupteur et le port USB-C sous cache, et de dos avec le système de fixation. Le dessin indique un boîtier d'environ huit centimètres de haut, six de large et trois d'épaisseur.

Ouvrir le dessin en pleine taille

Ce que ce dessin est, et ce qu'il n'est pas. Les composants représentés correspondent à ceux du programme déjà écrit : microcontrôleur ESP32-S3, modem Iridium 9603, récepteur GNSS, batterie LiFePO4. Les cotes portées sur le dessin sont des cibles de conception. La tenue à la poussière et à l'eau est un objectif visé, pas une certification : une norme de ce type s'obtient par essai en laboratoire, et aucun essai n'a été mené.


Où vont les positions, et qui peut les voir

Ce qui suit décrit l'implémentation actuelle, telle qu'elle tourne aujourd'hui, pas une intention.

Où elles sont stockées

Les positions sont enregistrées dans une base PostgreSQL hébergée chez Supabase, avec l'heure du relevé et l'état de la batterie. Les échanges entre l'application, le site et le serveur passent par une liaison chiffrée.

Qui y a accès

Chaque table est protégée par des règles vérifiées côté serveur, quarante-sept au total sur quinze tables. Un compte ne peut lire que ses propres données. Un proche invité au centre familial y accède en lecture seule, et seulement tant que l'invitation n'est pas révoquée. Une organisation ne voit que les balises qui lui sont rattachées.

Combien de temps elles restent

Aucune suppression automatique n'est en place à ce jour : une alerte reste tant que son propriétaire ne l'efface pas. Chaque alerte peut être supprimée depuis l'historique, et la suppression du compte efface l'ensemble des données associées en cascade. Une durée de conservation sera définie avant le déploiement.

Rejoindre le programme pilote